Interviews 2013

A quelques semaines du départ, nous avons demandé à certaines personnes, coureurs, de l'élite et du peloton, ou bénévoles, ou autres de se prêter au petit jeu des questions-réponses.

Patrick Bohard

Patrick BOHARD va se lancer sur le Grand Raid Occitan. Il va donc quitter ses sentiers jurassiens pour tâter du caillou ... Homme discret mais ô combien efficace, il répond aujourd'hui à quelques questions.

 

1) Bonjour Patrick, grand baroudeur, tu aimes les défis, tu t’en es d’ailleurs lancé tout seul quelques fameux, peux-tu nous en citer quelques-uns ?

En effet j'aime bien monter des petites virées avec moi-même, 2 exemples parmi des dizaines : le premier c'était en octobre 2002 avec l'enchaînement des 15 plus grands cols alpins en ski à roulettes et en 4 jours, quel beau souvenir sous le soleil !

Pour le second c'est une traversée sur un tracé qui me tient à cœur et c'était il y a une semaine* (les 184kms que compte le tracé de la Grande traversée du Jura en style classique). J'ai d'ailleurs espoir avec d'autres de pouvoir proposer d'ici 2 ou 3 ans une Ultra distance sur cette GTJ et ainsi créer la course de ski de fond la plus longue au monde. A SUIVRE.........

*le samedi 3 mars

2) L’ultratrail est-il un art de vivre pour toi ?

Pourquoi pas le voir ainsi, l'art a toute sa place dans la nature pour nous montrer le chemin de la découverte.

Une anecdote en ultra ?

En 4 ans de pratique je les collectionne et je me garde bien de les raconter à tout va, mais bon pour le grand raid et en exclu en voici une cachée parmi tant d'autres. C'était en mai 2012 au Japon sur l'ULTRA MONT FUJI, nous sommes au 80ème kilomètres d'une course qui en compte 161 et je reviens tranquillement mais sûrement sur la tête de course, j'arrive au PC8 pour récupérer mon sac de change et procéder à un changement de chaussures mais les choses ne se passent pas comme prévu, le sac tarde à arriver jusqu'à moi, je subis dans le même temps un contrôle plutôt long et sévère. Il fait zéro degré et je me refroidis, même changé de la tête aux pieds je ne parviens pas à me réchauffer, je suis contraint de me mettre au chaud sous la tente médicalisée pour pouvoir ensuite repartir dans de bonnes conditions. A l'entrée de la tente on me demande de retirer mes chaussures (coutumes japonaises). Je me couche quelques instants sous une couverture et me réchauffe ainsi quelques instants. Quand je ressors de la tente et récupère mes chaussures je m'aperçois avec étonnement que je n'ai plus de puce électronique sur mes chaussures (système qui permet d'être suivi et classé). Je repartirai du PC8 sans puces et surtout sans explication de la part de l'organisation mais je mettrai un point d'honneur à terminer la course malgré les consignes des officiels m'interdisant l'accès au tracé. Je n'ai donc pas été classé mais je suis arrivé à bon port à pied, c'était pour moi l'essentiel.

3) Le Grand Raid Occitan est très minéral, cela t’est-il familier ?

Je serai sur le Grand Raid pour apprendre à dompter les cailloux, et peut-être qu'avec un peu de chance je finirai par les aimer. Lors de notre petite ballade martiniquaise Antoine m'a donné quelques clefs, je tâcherai donc d'aborder tout cela dans la sagesse en oubliant mes prés verts et mes Montbéliardes (vaches jurassiennes) bien grasses.

4) Tu abordes cette épreuve en préparation du Tor des Géants, qu’attends-tu de cet ultra ?

Le Grand Raid est une trop belle épreuve pour être mis au rang des courses de préparation et j'ai tendance à ne pas trop classer mes échéances par ordre de priorité. Envie, plaisir, partage mais aussi implication mentale sur une course longue distance, être attentif aux vitesses de course et rigoureux en nutrition et hydratation. Ce sera aussi l'occasion pour moi de faire des choix en compétition sur les équipements et chaussures LAFUMA.

5) Quels conseils de gestion peux-tu donner pour un départ à 18h ?

Si vous avez comme moi un métier prenant et donc un manque de sommeil, je vous conseillerais dans la mesure du possible de vous coucher à une heure raisonnable la veille et de vous lever à midi le jour de la course, c'est en tout cas une méthode que j'applique sur des départs en soirée type UTMB®.

6) Que redoutes-tu sur cette épreuve ?

Certainement sa longueur pour moi car je ne reprends la course à pied que mi mars. En début de saison il y a un risque certain de baisse de régime dans la 2ème partie de course, il faudra donc être un peu "coureur-gestionnaire". L'autre risque c'est qu'Antoine nous rajoute encore quelques cailloux, histoire de nous faire danser, mais ça c'est une autre histoire.

7) Un petit message aux coureurs ?

Nous sommes des chanceux, nous verrons et le coucher, et le lever du soleil sur l'Occitan.

A bientôt sur le Grand raid et prenez soin de vous.

Grégory KIÉNÉ

A 25 ans, Grégory KIENE sera un des plus jeunes trailers à se lancer sur la 6666 Occitane, mais ce ne sera pas son coup d'essai. Petite rencontre avec ce coureur motivé :

1) Bonjour Grégory, les coureurs ne te connaissent pas encore, tu es arrivé dans le trail il y a peu, et très vite tu as dévoré les kilomètres jusqu’à faire une CCC® 2012 bien réussie ?

En effet, j’ai fait mes premiers pas de course à pieds avec deux anciens collègues de travail en fin d’été 2011. Depuis cette journée, j’ai raccroché mes crampons de football et je n’ai plus quitté les sentiers. Je me suis rapidement laisser prendre au jeu de la distance, ma première course étant un trail de 50km sur un parcours magnifique du Ballon d’Alsace. Certes je ne termine pas sans mal mais avec une réelle envie de recommencer et une belle 13ème place en 5H50. J’ai entendu dire qu’il était trop tôt pour me lancer sur une plus longue distance mais j’ai été charmé par la CCC®. Une fois mon inscription validée, je ne pouvais plus reculer. Avec l’aide de bons conseils et une grande volonté, je termine ce joli challenge en 11H26 ce qui, au départ, m’était inespéré.

2) Ton entrée chez Lafuma t’a donné une motivation de plus. Il en faut il me semble car l’hiver est rude chez toi ?.

Suite à une rencontre inattendue avec Antoine en pleine course sur les sentiers de Volvic, ce fût une grande fierté que d’intégrer le TEAM LAFUMA quelques semaines plus tard. Il s’en suit un stage Trail dans le Jura chez Patrick BOHARD, qui, par la suite, aura structuré mes entraînements. Ces deux événements et l’envie de progresser m’ont permis d’affronter le rude hiver franc-comtois.

3) Tu suis un entraînement précis sur toute une année ou encore sur plus long terme ?
A l’obtention du diplôme d’ingénieur, ma carrière professionnelle m’a subitement propulsé dans le Sud-Ouest de la France, à Pujols (47), où je vis depuis 4 mois avec ma compagne. Changement de climat et de profil. Peu de dénivelé et loin des montagnes, j’ai vu à cet instant ma carrière trail s’estomper au profit du travail mais aujourd’hui le baromètre de motivation et les sensations remontent à grande vitesse. Ne sachant plus trop où m’orienter, j’ai décidé de laisser les clés de mes entraînements à Lionel OZANNE, un coach et coureur de longue distance sur route. Depuis ce jour j’ai découvert un nouveau revêtement, la piste ! Après une saison hivernale consacrée à la vitesse, les voiles sont maintenant hissées direction l’Occitane 6666 pour clôturer une préparation de cinq mois. 

4) L’ultra occupe une place importante dans ton cœur ? Est-ce que cela influe sur ta façon de vivre ?

Oui, aujourd’hui l’ultra occupe une place très importante dans mon cœur. Au fil du temps, le Trail est devenu mon nouveau mode de vie. Ce n’est que depuis quelques semaines que j’apporte une importance particulière à une nourriture « saine » en limitant les excès car je suis très gourmand !!! En tant que « chef de projet » dans une entreprise de mécanique industrielle, mes journées sont très chargées. De ce fait je m’entraîne tôt le matin et tard le soir. C’est à ce moment que je me permets de remercier ma compagne Claudia, pour sa patience et sa compréhension.

5) La 6666 se pose au milieu de ta saison, un gros objectif et un tremplin ?

Je pense que tu ne pouvais pas trouver de mots plus appropriés que « gros objectif » et « tremplin ». L’occitane est un défi personnel important. J’en ai presque peur mais l’envie et la motivation prennent le dessus. J’aime les courses techniques, la boue et les cailloux. J’ai choisi cette course car je suis sûr qu’Antoine, par ses talents de coureur et sa passion pour la nature est la personne la mieux placée pour organiser une course exceptionnelle. Cette échéance sera une étape clé pour mes projets cette année. Ma saison est axée sur la longue distance sans oublier les rappels de VMA. Mon souhait cette saison, après la 6666, est de prendre le départ du GRP (80km) et de la Transmartinique (138km).

6) Tu vas courir pour la première fois toute une nuit, comment l’appréhendes-tu ?

J’ai participé à la Saintélyon au mois de décembre 2012 sans y être vraiment préparé et j’avoue être arrivé fatigué. J’aurai prochainement à effectuer des séances de nuit. Pour le reste, l’adrénaline prendra le relais.

7) Ton point fort ?

Mes points forts sont ma volonté et ma détermination. Je prends du plaisir à courir les bosses et les descentes techniques. Les courses de préparations ont commencé sur une belle foulée mais j’ai encore beaucoup à apprendre pour devenir performant. En attendant, l’entraînement continue et je m’inspire des élites du TEAM LAFUMA.

8) Un message que tu souhaites passer aux autres coureurs ?

Profitez de notre sport pour vous échapper et réaliser vos rêves dans un plaisir absolu seul ou entre amis.  Dans les moments difficiles pensez à vos proches et ceux qui rêveraient d’être à votre place… 
Merci et à très bientôt. {/slider}


 

Hervé LE GAC

Courir un ultra n'est déjà pas chose facile, alors avec 2,5kg d'appareil photo, c'est encore moins évident. C'est pourtant ce que fera Hervé LE GAC, d'Endurance Mag, pour réaliser son reportage sur le Grand Raid Occitan et la 6666 Occitane. Au cœur de la course et avec son dossard, il immortalisera les meilleurs moments de cette édition 2013. Rencontre avec un coureur-journaliste.

1) Bonjour Hervé, journaliste chez Endurance Mag, tu vas porter un dossard sur la 6666 occitane, une façon habituelle de travailler ?

Non, pas du tout car il est une chose de courir puis donner ses impressions ensuite, et une autre de faire, pendant la course des images avec un boitier réflexe de 2,5 kg. Je ne l'ai fait qu'une fois, il y a plus de dix ans, et c'était beaucoup plus court : c'était sur la Transbaie, en Baie de Somme. Ce ne sera que mon deuxième Ultra après Les Coursières l'an dernier....

2) Tu étais coureur avant d’être journaliste, ou es-tu tombé dans la marmite à force de la photographier de près ?

Oui, j'étais coureur avant d'être Photographe puis Journaliste. Je courais plus sur route, plutôt pour le côté pratique (les bois sont à 5 km de chez moi), et j'étais un coureur modeste (1h30 sur semi et 3h30 sur marathon). En fait, je suis devenu photographe par le sport, puisque c'est arrivé après un parcours de 14 000 km en vélo de randonnée....Sinon, je suis aussi moniteur de Plongée (MF1).

3) Avec ton appareil, que cherches-tu à saisir sur un ultra ?

Il y a plusieurs sujets, mais le premier n'est pas forcément spécifique à l'ultra, ce sont les belles images, les coureurs dans des paysages superbes. J'aime bien faire sentir le côté isolé dans la nature...Les phases de doutes aussi sont intéressantes, le coureur gérant une crampe, se posant dix minutes un peu n'importe où....

4) Une anecdote d’observateur ?

J'aime bien celle-ci : sur les Templiers, le Mag m'avait demandé d'essayer de sortir la couverture (ce n'est jamais facile sur commande pendant la course...). Sur les Crêtes du Suquet, il y avait une belle lumière, une mer de nuage sur la Vallée du Tarn, mais les coureurs étaient de dos. Une fois passée la tête de course, j'ai demandé à deux ou trois coureurs de faire demi-tour et c'est l'une de ces images qui a fait la couv....


5) Un message à adresser aux coureurs, genre « souriez les gars, c’est pourtant pas si difficile ! » ?

Dans l'ensemble, les coureurs sont souriants devant l'appareil, ils font souvent l'effort de trottiner juste pour l'image....Je ne dis pas " C'est pourtant facile " mais plutôt : " En plus, vous payez pour ça...."

Lionel PLANES

Lionel PLANES, dit "Yoyo-de-Millau", est lui aussi un coureur-organisateur. Originaire de Bédarieux, il arpente les chemins du Caroux à pied ou en vélo depuis son enfance. Alors quand il a appris la naissance de la 6666, ni une ni deux, il s'inscrit et finit sur le podium. Vivant aujourd'hui à côté de Millau, il revient en 2013 sur le parcours du Grand Raid Occitan.

1) Actif coorganisateur de la Verticausse, les coureurs connaissent aussi tes exploits sur l’UTMB®, les premières éditions qui faisaient peur. Est-ce cette course folle qui t’a donné cette passion ?

Je ne crois pas en fait. J'ai toujours aimé le sport et comme tout ce qu'on aime, on a envie d'en profiter un maximum. Quand je faisais du vélo, je préférais faire 150 km à 50 km ; tout petit, les matchs de foot n'étaient jamais assez longs. J'imagine qu'un amateur de musique doit adorer un concert qui n'en finit pas... Alors quand j'ai su qu'on nous proposait de courir 160 km autour du Mont Blanc en 2003 ... j'ai foncé et depuis ça ne m'a pas quitté. Réponse donc à la question : la passion pour le sport date de mes débuts en tricycle :o)

 

2) Tu étais 7e sur la 1ère 6666 Occitane, puis un petit relais et ensuite une année d’infidélité avant de revenir cette année sur le GRO. Ton absence 2012 étant quasi inadmissible,  tu te rends bien compte que j’espère que tu vas en baver… Qu’avez-vous à dire pour votre défense, Monsieur Yoyo ?

Faut faire aussi plaisir aux copains et j'ai trituré pas mal le truc quand j'ai su que mon pote Philippe Miquel lançait la 1ère édition de l'Ultra Lozère Trail quelques semaines avant ta course. J'ai donné la priorité à "une 1ère édition", je trouve que ces premières sont inimitables, d'une autre saveur à l'heure où tout est décortiqué et connu d'avance sur le web. Pour les 1ères, on ne sait rien de ce qui nous attend ... tient, un peu comme les 1ères de l'UTMB® et de l'Occitane que je n'ai pas ratées. Mais c'est vrai que rater la course ultra longue sur ma terre natale, ça pince un peu le cœur.

 

3) Toi qui a baroudé un peu partout, comment définirais-tu les sentiers de nos parcours ?

J'aime la rudesse de ces sentiers, les cailloux, des terrains techniques. Le must bien sûr c'est le Caroux, un petit bout de Corse, paraît-il, échoué en Haut Languedoc mais le reste n'est pas mal aussi. Je ne me lasse pas lors de mes sorties vers Bédarieux de la diversité des paysages. On peut trouver du sol rouge, blanc, du sable, des sentiers moussus .... une diversité rare. Avant de répondre je précise : réponse non objective, je suis né sur ces sentiers :o)

 

4) Quels seraient tes conseils pour ceux qui ne connaissent ni le relief ni la nature du sol ?

Le conseil, ce serait d'attendre. Les courses partent le soir et je conseillerais de profiter calmement de la nuit douce pour avancer sans trop forcer. Au lever du jour, le Caroux sera là et vous aurez besoin de toutes vos forces pour l'affronter. La course est complexe et difficile. D'abord une nuit où la vitesse de progression est ralentie. Jusqu'à Lamalou, c'est déjà 42 km pour 2000 m+ (sur la 6666), ce n'est pas rien. Après la nuit, vient le Caroux et son terrain si particulier et après ça, la chaleur s'en mêle. Bref, prudence.

 

5) Quel objectif sur cette édition, à part poser une marque de défi pour Kilian en 2014 ?

Petit allusion au chron'OFF et au défi de ton pote Pascal* :o)

Je partirais avec un tableau de marche pour passer sous les 24h (23h59). En gros, pas trop loin derrière les cadors annoncés.

* Voir Run Trip

6) Un message aux coureurs

C'est déjà dit plus haut. Prudence : le cocktail nuit + cailloux + chaleur peut être explosif. Mais venez, vous aurez sur l'Occitane (ou le GRO) une palette complète de ce qu'est un ultra trail.

Philippe NICOLAS et Sébastien HENRI

Bonjour à vous, chers amis et héros du Run Trip,

La 6666 Occitane est honorée de votre participation, et je me dis que si la nature fait bien les choses, comme il y a toujours un ou deux participants qui se perdent, si ça tombe sur vous je n’ai pas à m’inquiéter, vous pouvez résister 4 jours sans dormir ! Mais il n’y en aura pas.

1) Qu’est-ce qui vous attire dans cette discipline ?

Philippe Nicolas : Dans le trail, c’est le côté nature, la découverte de coins que je ne connais pas, admirer des paysages magnifiques  et voir comme l’on n’est pas grand-chose face à Dame Nature quand elle se déchaîne.

Sébastien Henri : Dans  un premier temps,  je dirais que c'est la découverte sans cesse de nouveaux paysages. Ensuite viennent les rencontres intéressantes sur les courses, sur les sentiers et avec un peu de chance, arriver à faire la même chose à l'étranger.Ensuite la notion de compétition : c'est vrai que j'ai un point faible, Une fois le dossard sur le maillot, j'ai envie de me donner sans lever la tête. Ça m'arrive de moins en moins tout de même.

2) L’expérience RunTrip vous a permis d’explorer de nouvelles inconnues, qu’avez-vous découvert ?

PN : L’expérience du Run Trip m’a permis de découvrir la Réunion avec ses panoramas, ses paysages, sa végétation magnifiques. Mais ça a été avant tout une formidable expérience humaine qui me restera gravée à tout jamais, fabuleuse entente, soutien moral, physique, que nous avons vécue avec toi Antoine, Pascal, Seb (HENRI), ainsi que tout ceux qui nous ont accompagnés, Freddy (THEVENIN), Jean-Louis ......Le fabuleux accueil des Réunionnais…

SH : J'ai découvert tout d'abord le travail d'équipe qui est vraiment important sur ce type d'épreuve.

La capacité qu'a le corps à encaisser de tels chocs. Ça m'a beaucoup fait réfléchir sur la notion de souffrance physique et mentale. Je pense que j'ai adapté un petit peu ma façon de courir depuis cette expérience.

L'île de la Réunion est grandiose de par ses paysages, et les gens que nous avons rencontrés sur les sentiers sont exceptionnels.

3) Forts de votre expérience, quels conseils donneriez-vous à ceux qui vont aborder la 6666 Occitane comme leur premier ultra ?

PN : A  ceux pour qui le premier ultra va être la 6666, je conseillerais de ne pas partir trop vite, de bien boire, de s’alimenter régulièrement et ne pas hésiter à souffler, se décontracter un maximum, voire marcher de temps à autre pour bien relâcher.

SH : Ma courte expérience de l'ultra m'a tout de même inculqué quelques règles simples. Tout d'abord se faire plaisir, respecter les endroits que vous allez fouler, les admirer. Tout ceci pour dire qu'il faut vraiment essayer d'avoir une vision large et éviter de trop regarder vers soi-même. Je pense qu'il est facile de ne plus prendre de plaisir, à partir du moment où tous les paramètres sont tournés vers soi-même.

4) Si on vous avait dit un jour que vous feriez ce genre d’expérience, auriez-vous souri en vous disant que ce serait génial, ou auriez-vous haussé les épaules en disant que ce serait un truc de fada ?

PN : Je pense que si un jour on m’avait dit que je ferais ce genre d’expérience, je crois que j’aurais répondu : « Oui, pourquoi pas », moi, j’ai toujours eu l’esprit combatif, j’aime les défis, surtout quand ils sont un peu fous.

SH : Je pense toujours que c'est un truc de fada. Mais c'est ça qui est bon. Je pense aussi aujourd'hui que le rêve et les envies font vivre. Donc pourquoi pas toujours essayer d'aller plus loin.

À ce sujet-là d'ailleurs, j'ai pas mal d'idées en tête.

5) Quelques anecdotes ?

PN : Alors, les anecdotes. Tout d’abord les petits moments de délires lorsqu’on a commencé à être entamés, cette euphorie qui vous prend par moment et qui se traduit par des paroles sans cohérence et des fous rires. Pascal qui nous a appris le fonctionnement d’un gps tout en courant car les 3 zigs ne s’étaient jamais servi de cet appareil, pas mal quand on sait que l’on devait lui indiquer les chemins par moments !!!

SH : Pour la première,  je ne savais pas à quel point un simple regard d'une fraction de seconde pouvait dire autant de choses. On suivait Pascal avec toute l'équipe, essayant souvent de croiser son regard. C'était fou. Toutes les expressions étaient presque palpables. Ça passait par des visions de désespoir, d'euphorie, de bonheur, de respect...

Ah oui, j'allais oublier, j'ai rencontré aussi là-bas "La grive de Salazie". Il s'agit tout simplement de Monsieur Antoine Guillon. Vous imaginez lui-même mais avec quelques jours de régime très maigre!... Et voilà.

6) Les chemins héraultais, vous connaissez ? Si non, vous vous attendez à quoi ?

PN : Les chemins héraultais je ne les connais pas, mais je présume qu’ils doivent ressembler à ceux de chez moi dans le Var, caillouteux, roulants par moment, avec des relances.

Pour finir j’espère ne pas me perdre pendant la course car c’est ma grande spécialité : lors de la traversée du GR20 l’an dernier, je me suis paumé 4-5 fois !

A bientôt.

SH : j'ai tellement entendu parler de cette course que j'ai hâte d'y être. Je ne suis jamais venu courir dans ce coin. Connaissant Antoine je pense que ça va être très roulant et très facile.

À bientôt sur les sentiers.

le PEC

Nous sommes un groupe de trailers  de Poitiers dans la Vienne, deuxième département le plus représenté cette année après l’Hérault sur l’Occitane. Nous faisons partie du PEC (Poitiers Etudiant Club), nous serons 11 à nous élancer sur la 6666. Deux équipes pour le challenge : les PEC – toraux et les Zato – PEC. Pour nous reconnaître c'est facile nous avons un maillot noir.

Nous avions eu la chance de vous croiser une veille d'UTMB® 2011 autour d’un barbecue et aussi en fin d’année dernière sur le stand de l’Endurance Trail.

De quoi nous convaincre de venir vous rendre visite.

Comme Antoine on adore aussi la diagonale des fous, surtout notre coach Christian Baigue, 4 participations et vainqueur en V3 l’an dernier. Un beau point commun avec Antoine, le vainqueur V1.

On vous imagine dans le rush pour boucler l’organisation de la course.

Alors bonne prépa et à la semaine prochaine pour la 6666.

Sportivement. Alain Boutet